Droit immobilier

Vente d’un bien en copropriété : quelles spécificités ?

Distincte d’une vente classique de maison individuelle, la vente d’un bien immobilier en copropriété obéit à des règles particulières, car en plus du logement lui-même, la transaction porte sur une organisation collective régie par des textes spécifiques, au premier rang desquels figure la loi du 10 juillet 1965.

Charges communes, règlement de copropriété, décisions d’assemblée générale ou encore rôle du syndic sont autant d’éléments qui doivent être parfaitement maîtrisés afin de garantir une vente juridiquement sécurisée, tant pour le vendeur que pour l’acquéreur.

La notion de copropriété : un cadre juridique spécifique

Un bien situé en copropriété est à la fois composé d’une partie privative, dont le propriétaire a l’usage exclusif, et d’une quote-part des parties communes de l’immeuble.

Cette quote-part, exprimée en tantièmes, conditionne notamment la répartition des charges.

Le fonctionnement collectif du bien implique que l’acquéreur n’achète pas seulement un logement, mais intègre également une communauté de copropriétaires, avec des droits et des obligations clairement définis.

Une particularité qui justifie une information renforcée lors de la vente.

Les obligations d’information lors de la vente

La vente d’un lot de copropriété impose au vendeur de transmettre à l’acquéreur un ensemble de documents destinés à lui permettre d’apprécier la situation juridique, financière et technique de l’immeuble.

Des documents qui doivent être communiqués dès l’avant-contrat.

Concrètement, il s’agit notamment le règlement de copropriété, les procès-verbaux des assemblées générales des trois dernières années, le montant des charges courantes ainsi que les informations financières propres au lot vendu, regroupées dans l’état daté établi par le syndic.

L’absence ou l’incomplétude de ces informations peut avoir des conséquences importantes, notamment en prolongeant le délai de rétractation de l’acquéreur, ce qui fragilise juridiquement la vente.

Charges de copropriété et vente : une répartition encadrée

La question des charges de copropriété est centrale lors d’une vente d’un lot en copropriété.

En principe, les charges exigibles avant la signature de l’acte authentique restent à la charge du vendeur, tandis que celles appelées après la vente sont supportées par l’acquéreur.

Mais certaines situations peuvent prêter à confusion, en particulier lorsque des travaux ont été votés avant la vente, tandis que leur financement est appelé ultérieurement. En l’absence de clause spécifique dans l’acte, ces charges suivent généralement le bien et sont donc supportées par l’acquéreur.

Par exemple des travaux de ravalement sont votés en assemblée générale quelques mois avant la vente, mais les appels de fonds interviennent après la signature. Sauf stipulation contraire, l’acquéreur en assume le coût.

Rôle du syndic dans la transaction

Le syndic de copropriété intervient de manière déterminante dans le cadre de la vente, puisqu’il est notamment chargé de fournir les informations financières essentielles, comme l’état daté, qui permet de vérifier l’existence éventuelle d’impayés ou de procédures en cours.

Ces éléments sont indispensables au notaire pour garantir la transparence de la vente et éviter que l’acquéreur ne découvre, après l’achat, des difficultés financières ou juridiques affectant la copropriété.

En tout état de cause, avant toute vente d’un bien en copropriété, il est essentiel de porter une attention particulière à la situation globale de l’immeuble. L’existence de travaux importants à venir, de contentieux en cours ou de difficultés financières au sein de la copropriété peut avoir un impact direct sur la valeur du bien et sur la décision de l’acquéreur.

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